~Il était une fois ... ~
· un livre ·
Elle regardait ke comptoir.
- Hé! Je te parle, là!
Elle regarda son tee-shirt.
- Nan, moi. Regarde moi.
Elle le regarda.
- Pourquoi tu me dis pas simplement: "J'ai pas envie que tu partes ?" Je suis comme toi, moi ... J'en ai rien à foutre de ce fric si c'est pour le dépenser tout seul ... je...je sais pas, merde ... "j'ai pas envie que tu partes", c'est pas dur à dire comme phrase, si ?
- Jetelaidjaahdi.
-Quoi ?
- Je te l'ai déjà dit ...
-Quand ?
- Le soir su 31 décembre ...
- Ouais, mais ça, ça compte pas ...
Silence.
-Camille ?
Il articula distinctement:
-J'ai... pas... envie... que... tu... par...teu.
-J'ai ...
-C'est bien, continue... pas...
-J'ai peur.
- Peur de quoi ?
- Peur de toi, peur de moi, peur de tout.
Il soupira.
- Regarde. Fais comme moi.
Il prenait des poses de body-builder en plein concours de beauté.
- Serre tes poingts, arrondis ton dos, plie tes bras, croise-les et ramène les sous ton menton... Comme ça...
- Pourquoi? s'étonnait-elle.
- Parce que... Y faut que tu la fasses craquer cette peau qu'est trop petite pour toi, là... Regarde... t'étouffe là dedans... Y faut que tu t'en sortes maintenant... Vas-y... Je veux entendre la couture qui craque dans ton dos...
Elle souriait.
-Putain, nan... Garde-le ton sourire à la noix... J'en veux pas... C'est pas ça que je te demande! Moi je te demande de vivre, merde! Pas de me sourire! Y a les bonnes femmes de la météo pour ça... Bon j'y vais sinon je vais encore m'énerver...
[...]
Il avisa la pendule:
- Bon. Il ne te reste plus que cinq minutes pour arriver à prononcer une phrase de sept mots, c'est faisable non ? Allez, badinait-il pour de faux, si c'est trop, sept, trois me suffiraient ... Mais les bons, hein ? Merde! J'ai pas composté mon billet ... Alors ?
Silence.
- Tant pis ... Je resterai crapaud ...
Il remit son gros sac sur son épaule et lui tourna le dos.
Il courut pour choper le contrôleur.
Elle le vit qui récupérait son billet et lui faisait un grand signe de la main...
Et l'Eurostar lui fila entre les doigts...
Et elle se mit à pleurer, cette grosse bécasse.
Et l'ont ne voyait plus qu'un petit point gris au loin...
Son portable sonna.
- C'est moi.
- Je sais, ça s'affiche...
- Je suis sur que t'es en plein dans une scène hyper romantique, là... Je suis sur que t'es toute seule au bout du quai, comme dans un film, en train de pleurer ton amour perdu dans un nuage de fumée blanche...
Elle pleurait de sourire.
- Pas... Pas du tout, réussit-elle à répondre, je... J'étais justement en train de sortir de la gare...
"Menteuse" fit une voix dans son dos.
Elle lui tomba dans les bras et le serra fort fort fort fort.
Jusqu'à ce que ça craque.
Anna Gavalda, Ensemble c'est tout
Article un peu long, dsl!
Pas encore eu le temps de le lire en entier ce livre
mais, jsuis tombé sur cette page en ouvrant le livre au hasard et j'ai été touchée ...